CD Zik’: « Slash » … and Co.

slash_coverDepuis 1996, date de son départ de Guns N’Roses, Saul Hudson a.k.a Slash est loin d’être resté les bras croisés sur la bedaine, enchaînant projets collectifs (Slash N’Snakepit, Velvet Revolver) et contributions artistiques éclectiques. Avec un retour discographique sous son propre pseudo, on pouvait attendre du guitariste à l’abondante tignasse qu’il dévoile une œuvre plus personnelle. Eh bien qu’on se le dise, il n’en est rien. Ce disque est même vraiment tout sauf mégalo-maniaque à un point tel que l’intitulé « Slash » en est presque exagérément décalé…

Généralement, les albums solo d’un artiste habituellement rompu au travail de groupe comportent ce petit quelque chose de vaniteux qui plane en demi-teinte et qui faire redouter les sursauts d’orgueil excessif. Là, on est carrément à l’opposé de tout ça ! « Slash » n’est absolument pas l’album d’un soliste rock qui verse dans l’élucubration maladive et rédhibitoire mais plutôt un disque de songwriting dont chaque titre a été taillé sur-mesure pour l’invité interprète à qui il était destiné. Et des invités mes amis, il y en a une copieuse brochette : Iggy Pop, Ozzy Osbourne, Kid Rock, l’ex-Soundgarden Chris Cornell, l’ex-The Cult Ian Astbury, Fergie des Black Eyed Peas… Autant dire que la diversité est bien de la partie. Et finalement, dans tout ça, tonton Slash se contente d’accompagner, de riffer et de caler des solo au service des morceaux, avec un poil trop d’humilité dira-t-on. Car en définitive, on a plus l’impression d’écouter une compilation d’artistes accompagnés par le prestigieux musicien plutôt que l’inverse. « Slash » n’est donc pas un album solo… Ou alors c’est le plus illustre vrai-faux qui ait jamais existé !

Ci-dessousPetite vidéo officielle de présentation de l’album :

Cette impression s’impose d’autant plus que chaque titre colle parfaitement à l’environnement musical de son interprète. Prenons l’exemple éloquent de Gotten, morceau chanté par Adam Levin : c’est à quelques millimètres près du pur Maroon 5. Remplacez Slash par le non moins chevelu Zakk Wylde et son grain sonore sur Crucify the dead, vous obtenez du Ozzy reconnaissable entre mille. « Slash » fait donc l’effet d’une vaste jam-session customisée. Concept excitant s’il en est, mais avouons tout de même, sauf le respect dû au prestigieux chef d’orchestre, qu’aucune compo. ne vient transcender le genre. Ce qu’il manque très certainement à ce projet, ce sont deux ou trois titres suffisamment envolés pour constituer des « inoubliables » et faire ainsi du disque une affaire à laquelle voue quelque chose de plus que de la sympathie. Car par ailleurs, l’album est loin d’être mièvre. On baigne dans un rock n’roll U.S saturé à souhait agrémenté de belles prestations vocales dont celles d’Andrew Stockdale de Wolfmother sur By the sword et celle de Myles Kennedy (Alter Bridge) sur Back from Cali. Un régal prolongé par du dépotage plus classique avec l’increvable Lemmy (Motörhead) qui s’en vient pousser un Doctor Alibi envenimé qui lui sied comme une bonne bouteille de Jack Daniel’s au réveil, ou le plus subtil et néanmoins tout aussi efficace Beautiful Dangerous chanté par la plantureuse égérie pop-Rn’B miss Fergie. Slash s’en va également taper dans le registre heavy-metal old-school avec Matthew Shadows, chanteur d’Avenged Sevenfold, sur Nothing to say.

« Slash » c’est donc un album emmené par un guitariste, mais pas un album de guitare en tant que tel. L’artiste y est même trop en retrait alors qu’on ne serait pas privé, loin de là, d’un nouveau saint-sacrement du riff administré par celui qui excelle en la matière. Sans parler de venir bouffer l’oxygène à tous les autres musiciens, on aurait au moins aimé retrouver davantage de ce jeu sensible et tranchant qui a structuré les morceaux du Appetite… des Guns. Un son un plus « cradingue » aussi car là, la production au demeurant excellente verse pleinement dans le californien pasteurisé. Bref, le père Hudson a pour le coup pris une direction consistant à ficeler un disque de chansons 100% rock à spectre large faites pour les autres plutôt que de simplement venir se tripoter le nombril avec un médiator, chose qu’il aurait évidemment largement pu se permettre. Respect donc. Par contre du même coup, ce « Slash » aux allures de luxueuse compilation manque d’un brin de relief, de quelque chose qui le tire vers le haut pour l’extraire du magma des disques rock. Sympa, bien fait et franchement efficace malgré tout, à défaut d’être amphétaminique. Sur ce, paix et rock n’roll mes frères.

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