Chronique disk’: Jimi Hendrix – « Valleys of Neptune »

hendrix_valleysofneptuneL’icône de Woodstock reste bien au-delà d’une référence absolue pour tout guitariste, une légende intemporelle. Total, le bon vieux Jimi étoffe régulièrement sa discographie posthume comme nul autre, ce Valleys of Neptune venant apporter sa contribution à la consolidation du panthéon Hendrixien. On a beau se méfier de ce genre d’œuvre semblant toujours sorties du chapeau, un nouvel album « inédit » du sensationnel gaucher, ça ne saurait se passer d’un petit détour… Voire plus !…

Replaçons d’entrée le contexte de cette galette. En fait, elle ne livre de véritable « inédit » que le titre Valleys of Neptune. Pour autant, ne pas penser avec trop de hâte que ce disque est une escroquerie car c’est au demeurant tout le contraire. Historiquement, les enregistrements ici compilés sont issus de sessions studios du Jimi Hendrix Experience dans sa configuration initiale, sessions réalisées en 1969 alors que le groupe prépare le successeur de l’album-maître paru l’année d’avant : le fabuleux Electric Ladyland. Et évidemment, si on nous les sert avec autant d’insistance, c’est que ces enregistrements n’ont jamais été publiés auparavant, ça va sans dire.

Concrètement, Valleys of Neptune est une petite affaire qui se comporte en quelque sorte comme un bon vieux diésel. C’est avec le bien connu Stone Free que l’apôtre électrique ouvre le bal, d’une manière plutôt contenue en comparaison des versions live ouïes jusqu’à ce jour.  La guitare y est presque reléguée à un second plan, malgré un chorus des plus envolés et toujours du meilleur effet. On retrouve la même sensation sur Valleys of Neptune qui permet toutefois d’apprécier le génie de riffeur d’Hendrix dont la Stratocaster « twang » à l’envi. Les affaires de viennent nettement plus sérieuses à partir de la 4ème plage avec Hear my train comin‘ où le seigneur Jimi offre sans retenue tout le génie qui le caractérise, tout en nuances pour une leçon de feeling règlementaire. La suite s’envole carrément avec pêle-mêle une « pas tout à fait » reprise du Sunshine of your love de Cream (en fait une impro. habilement menée à partir du thème principal du morceau), une très bonne version de l’incontournable Fire et cerise sur le gâteau, quelques 8 minutes de bonheur d’un Red House magistral que Mr. Jimi distille avec une quintessence bluesy particulièrement incroyable. Incontestablement un masterpiece d’une splendeur émotionnelle rare qui porte la griffe du « Voodoo Child » dans ce qu’il a de plus envoûtant. Pour mémoire, on notera que l’album comporte également des versions de Lullaby for the summer et de Ships passing through the night qui deviendront  plus tard respectivement Ezy rider et Night bird flying.

En bref, Sony Music gratifie les fans d’une belle compilation de versions inédites du génie de la six-cordes que l’on retrouve là en pleine possession de ses moyens, sauvage, stylé et parfois terriblement sensuel aussi lorsqu’il s’agit de libérer la palette des couleurs blues. Si Valleys of Neptune ne nous en apprend pas beaucoup plus sur les compositions d’Hendrix et si du du coup il accrochera sûrement davantage les passionnés que les amateurs, il nous invite à revisiter toute l’étendue de son talent immensément fou confinant à l’état de transe. Quelle belle pièce !

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