Chronique CD: « Raditude » par Weezer

raditude_coverS’il est une chose certaine en ce bas monde, c’est qu’un nouvel album de Weezer, ça suscite toujours l’intérêt. Et pour cause, le groupe de Rivers Cuomo demeure à ce jour l’une des meilleures fabriques d’hymnes power-rock de la planète. Reste à voir si la tracklist de Raditude est du genre à nous mettre dans un état de transe sans pareil à l’image du toutou bondissant de la pochette…

Weezer est devenu un groupe culte, à un point tel qu’on lui pardonne volontiers ses approximations. Le groupe « essaye toujours de faire quelque chose de nouveau. C’est vraiment cette idée qui nous motive le plus » déclarait récemment son leader, Rivers Cuomo, dans une interview donnée au magazine Guitar Part. Un credo qui dans son application n’a pas toujours donné des résultats mémorables, il faut bien le reconnaître, en dépit du respect que force le combo. Le fameux album « rouge » en a été la plus récente démonstration malgré quelques titres remarqués tels The greatest man that ever lived ou Pork and beans. Mais faisons fi des critiques acides car au final, de Weezer, on retient quand même avant tout le songwriting génial que l’on espère être au rendez-vous de cette cuvée 2010.

Après ces années d’existence, on constate dès les premières minutes d’écoute de ce « Raditude » que Cuomo, compositeur « hégémonique » du groupe, n’a pas épuisé les ressources dont Weezer tire son panache. Le mix sucre d’orge et piment empreint de naïveté et de déconne qui caractérise le mieux la personnalité de Weezer est au rendez-vous. (If you’re wondering if I want you too) I want you too et I’m your Daddy, sans sonner comme les meilleures compositions de l’histoire de la formation, s’inscrivent dans la droite lignée de la partition qui a forgé la personnalité sonore du groupe depuis les débuts. Ça balance, les refrains sont au rendez-vous et parés à se scotcher dans votre caboche au point de les fredonner dès 7h00 du matin en sortant de la douche. On retrouve d’ailleurs à cet égard des marques connues comme avec Let it all hang out qui aurait pu figurer à l’époque sur le Green album tant il partage la physionomie de morceaux comme Photograph.

Ci-dessous : le vidéo-clip du 1er single extrait de Raditude, (If you’re wondering if I want you too) I want you too :

Cela-dit, la chanson porte-étendard du groupe ne vient pas nécessairement de là où on l’attendait puisque c’est Can’t stop patying, titre à l’ossature électro, qui incarne la chose. Un titre concocté avec l’un des (poids-)lourds du rap U.S, mister Lil Wayne. Surprenant certes, mais pas nécessairement inattendu au vu des multiples directions dans lesquelles Cuomo s’était engouffré de façon éparse pour concocter le Red album précédent. Et c’est là que la magie de Weezer opère, puisque les choses fonctionnent, grâce à une mélodie catchy comme nulle autre. Ce titre aurait tout aussi bien marché avec du Weezer « classique » bien électrique, mais bon… Alors si cela tourne si bien, quelle raison d’en parler autant finalement ? Eh bien simplement le fait qu’outre d’avoir co-écrit le titre, le père Wayne s’en vient nous fourguer un flow bien morne en plein milieu de l’affaire. On frôle le sabotage en règle et je ne dis pas ça parce que c’est du rap. On a déjà entendu mieux tout simplement.

C’est là que l’on touche aux petites remontrances que l’on peut adresser une fois encore au groupe et qui vous font passer pour blanc-bec insatisfait et pas gentil ou un vieil acariâtre, c’est au choix. Pourtant, ce n’est pas de gaieté de cœur que l’on adresse des reproches à cette formation par ailleurs débordante de charisme. Alors qu’a-t-on à redire ? Eh bien c’est cette sensation que Weezer plie son disque en y inscrivant des titres de moyenne facture, essentiellement des ballades d’une platitude à angoisser le plus calme et pacifiste des vivants, c’est dire. Si la galette n’avait comporté que ça, on était bon pour se colleter Droppy sur la pochette au lien du joyeux clebs que l’on y contemple. Bref, on rejoint le travers observé dans le disque précédent avec les exemples éloquents que sont Love is the answer et son trip world-music hindouiste sirupeux au possible ou I don’t want to let you go dans lequel il ne se passe pas grand chose voire strictement rien. On est loin du génial « Butterfly »…

Mais la conclusion générale est plutôt bonne, rassurons-nous, en comparaison du plus controversé album « Rouge ».  Globalement, Weezer livre un disque bien plus homogène et plus rythmé que ce dernier, une œuvre où les guitares électriques flirtent harmonieusement avec le sens de la mélodie inné du combo. On atteint certes pas la pointure de l’album référence que reste Pinkerton ou à d’autres égard le vénérable  Blue album, mais en zappant sur certaines compos de forme (heureusement pour le coup minoritaires), on a de quoi trouver son compte et s’enfiler une bonne vraie dose de power-pop-rock dans les règles sur laquelle il serait dommage de faire l’impasse pour quelques ratés anecdotiques.

Site internet de Weezer

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