Jeu vidéo PC : LEFT 4 DEAD 2, le test !

left4dead2_coverIl y a un tout petit peu plus d’un an, Valve lâchait une bombe avec un FPS coopératif en ligne d’une réussite exemplaire : Left 4 Dead. Plébiscité, le développeur s’est vu tout autant conspué lorsque moins de 12 mois plus tard il a annoncé la préparation d’un 2ème volet en guise de bougie d’anniversaire du 1er opus. Les fans qui attendaient davantage de DLC gratuit ont d’emblée dénoncé la traduction manifeste d’un appétit vénal nourri par la flagrante réussite commerciale de L4D. Il aura fallu attendre la sortie du jeu pour que les avis se fixent définitivement… en faveur de Valve ! Car si Left 4 Dead 2 n’est pas révolutionnaire par rapport à son aîné, il le sublime plus que dignement. Pas de quoi bouder son plaisir. Retourner en enfer n’aura jamais été aussi bon ! …

Apocalypse zombie v.2 : Quatre joueurs incarnant des survivants contre des centaines de zombies déchainés :  le concept n’a pas bougé d’un iota depuis Left 4 Dead. Et c’est bien là l’essence même du jeu qui s’il dispose d’un mode solo, se joue avant tout en ligne. Rochelle la reporter, Nick le joueur de casino, Coach le sportif dont la carrière a été tuée dans l’œuf  et Ellis le mécano, voici le carré d’as dans la peau duquel vous et vos camarades d’infortune allez vous glisser pour tenter de le conduire vers le salut… Des personnages moins charismatiques que Bill et ses potes de L4D, mais qu’importe au fond, vu que le propos ne réside pas dans l’élection du « perso le plus sympa du gotha du jeu vidéo » mais bel et bien dans la survie. Car depuis, l’infection qui transforme les humains en zombies hideux ne s’est pas calmée. Au contraire, ça sent le vinaigre en permanence et le sapin, désormais plus souvent. Car c’est un fait, le challenge s’est nettement corsé dans ce Left 4 Dead 2.

Ci-dessous : La séquence d’intro. de L4D2 :

« On dirait le sud… » : Ce sont 5 campagnes composées chacune de 5 maps successives (dont la dernière constitue comme dans L4D premier du nom un final dantesque) qui constituent l’ossature du contenu de L4D2 qui se déroule à Savannah, ville du sud des Etats-Unis (Etat de Georgie). On remarquera au passage que certaines cartes sont d’ailleurs bien plus longues que celles de L4D. Au programme, des environnements toujours aussi « clichés » pour de la zombie-story et très justement, « c’est ça qu’est bon » ! « Centre de la mort » se déroule dans un contexte urbain pour terminer en apothéose dans un centre commercial. « Lugubre Carnaval » propose pour sa part une virée dans un immense parc d’attraction. « Marais infectés » offre un trekking pittoresque dans la gadoue georgienne. « Pluies diluviennes » emmène les survivants du côté campagne ricaine et enfin, « La Paroisse » permet une petite escapade dans les quartiers français de Savannah. Un bel éventail de situations qui bénéficie d’un petit relooking pas désagréable avec des textures et des effets plus variés que L4D. Les personnages eux-mêmes ont profité d’un petit ravalement qui gomme l’aspect plus « cartoon » du précédent quatuor. Globalement, d’un point de vue esthétique, L4D2, sans être à la pointe de la technologie graphique, est loin de démériter. C’est même un jeu fort agréable à l’œil. Dans tous les cas, le jeu reste la brillante démonstration que le gameplay est plus important que l’ébahissement visuel. Car finalement, quel intérêt de payer une carte vidéo la valeur d’un bras pour admirer les effets tonitruants d’un jeu dont la platitude et la durée de vie font plus que pitié… Et malgré sa toute relative sobriété, L4D2 s’en sort haut la main. Pour preuve, la campagne « Pluies diluviennes » au cours de laquelle le climat et et la luminosité changent progressivement pour passer d’une fin d’après-midi arrosée de quelques gouttes à une nuit balayée par des rafales de pluie violentes qui obstruent la vue à 5 mètres et inondent le parcours de l’aller, devenu bien moins praticable au retour… C’est assez impressionnant niveau ambiance !

« Back in black ! » : La coopération entre les joueurs trouve ici plus que jamais sa pleine expression. Les traîne-savate et les « lone runners » auront tôt fait d’en prendre pour leur grade et de compromettre la réussite de l’équipée. C’est particulièrement flagrant en difficulté « Expert », mode de référence du jeu (les niveaux de difficultés en deçà ne servant bien qu’à se faire la main). Si autrefois on en a bavé pour atteindre la fin des campagnes, là, on sue sang et eau par décilitres. La faute à quoi ? Premièrement au level design. Les maps sont nettement mieux pensées que dans L4D et sont donc… Plus traitres ! Elles proposent davantage d’environnements « ouverts » ce qui démultiplie les possibilités d’attaques par les « hordes » d’infectés, ces fameuses charges massives surprises qui ponctuent aléatoirement la progression en sus des macchabées qui peuplent déjà les lieux. On comprend qu’il est forcément plus compliqué de se défendre d’une déferlante de morts-vivants sur une esplanade que de contenir le même type d’assaut dans un couloir. On touche là au deuxième point d’explication : Valve a sensiblement revu la manière dont ces hordes apparaissent. Désormais, les ruées se font la plupart du temps simultanément depuis plusieurs endroits. Rester planté à découvert en pareil cas, c’est la certitude de finir au tapis sans aucun brio alors qu’avant, on pouvait encore espérer le salut en se montrant valeureux guerrier. Enfin, dernière justification au propos, la révision des fameux passages-clés lors desquels vous n’avez d’autre choix pour progresser que de déclencher une alarme qui a pour effet de rameuter des centaines de décharnés. Si l’astuce consistait auparavant à « camper » sagement dans le lieu le plus facile à tenir, le système vous impose désormais de jouer l’offensive et de vous frayer tant bien que mal un chemin à travers des charges continues de zombies furibonds afin de couper la sonnerie et pouvoir nettoyer la zone. Ce principe est également valable pour certaines maps de fin ce qui rend la réussite tout aussi méritoire. Pour le coup, braver le danger et parvenir à s’échapper en mode « Expert » donne le sentiment d’un réel exploit au sens le plus noble ! L’une des expériences les plus éreintantes reste à ce titre la traversée du pont qui clos la campagne « La Paroisse »… Un cauchemar pareil, c’est d’une intensité rare ! Autant dire qu’un brin de réussite si mince soit-il donne plus d’une fois un sérieux coup de pouce à une équipe si soudée, bagarreuse et réactive soit-elle. C’est dire si la cohésion de groupe est primordiale à la base.

Ci-dessous : Vidéo de démo. réalisée par un gamer sur les deux premières cartes de la campagne « La Paroisse ». Elle permet de bien se rendre compte de la teneur du jeu mais aussi, de constater qu’il est préférable d’être accompagné de joueurs humains que de bots… D’où l’intérêt du online !

Aux grands maux, les grands remèdes : Le gameplay bien huilé de L4D a été ici pleinement reconduit (pour plus d’infos, voyez notre test de Left 4 Dead sur N4FF). Mais pour faire face à la menace accrue, les développeurs ont enrichi l’arsenal à disposition des survivants, arsenal présent dans les abris où débutent les maps et disséminé au hasard en cours de jeu. Les armes à feu ont pour leur part été multipliées et diversifiées. On signalera par exemple l’arrivée de l’AK-47, arme mythique s’il en est, qui n’est pas des plus précises mais qui possède un pouvoir d’arrêt intéressant. Côté arme de poing, on note l’apparition d’un Desert Eagle qui même à distance, permet de dégommer un infecté d’un seul pruneau. Côté extras, il est amusant de constater que Valve a eu la bonne idée de réinvestir des idées qui furent développées non-officiellement sur des serveurs « améliorés » à l’époque de L4D. On peut ainsi mettre la main sur des cartouches explosives ou incendiaires ainsi que sur des visées laser ! C’est presque du contenu contributif ça ! Mais la véritable nouveauté toutefois, ce sont les armes de corps-à-corps, fort utiles lorsque la mêlée devient inévitable, d’autant que maintenant, il n’est plus question d’emmancher des coups de crosse à tire-larigot pour repousser ces chères créatures. Au bout de 3 ou 4, on fatigue… Alors autant s’emparer d’accessoires plus appropriés à la traditionnelle baston. Et Valve n’a pas lésiné sur le catalogue : tonfa, machette, guitare, katana, pied de biche, poêle à frire… Même une tronçonneuse histoire de rejouer à votre sauce l’un des plus grands classiques gore du box-office. Enfin, si tout cela n’a pas suffi à vous épargner, comptez toujours sur les traditionnels kits de soins et autres pilules pour vous rafistoler, qui sont complétés par des doses d’adrénaline (surplus temporaire d’énergie qui accroît la vitesse). Désormais on peut aussi emporter un défibrillateur (à usage unique) qui permet de réanimer un camarade K.I.A. En dernier ressort, si un vaillant survivant est resté à terre faute de matériel de réa., il aura droit à un respawn quelques minutes plus tard, laissant ses camarades en effectif momentanément réduit… Signalons en passant que la gestion des dégâts infligés aux zombies à été améliorée. Visuellement parlant, c’est nettement plus sanglant (bonjour les éventrations causées par du 12-gauge) mais en plus, ce n’est pas parce que vous arrachez le bras d’une créature à coup de calibre qu’elle va nécessairement rester au sol… Le couple localisation – gestion des dommages fonctionne donc plutôt magnifiquement et diffère en fonction des armes.

« Gare au gorille ! » : Des zombies en veux-tu-en-voila ! Oui, mais s’il n’y avait que ça ! Car avec le retour de L4D, c’est aussi le retour des désormais célèbres « infectés spéciaux » qui grossissent les rangs de la piétaille déjà bien en forme. On retrouve là le bestiaire du précédent volet (cf. notre test de L4D) complété de quelques horreurs du crû. Citons le Jockey, hideuse petite créature qui bondit sur la tête de sa victime pour l’étrangler tout en tachant de l’emmener à l’écart de ses équipiers. Également la Spitter, miss-monstre L4D2 en sous-tif, qui crache une salive hautement acide à plusieurs mètres. Et enfin le Charger, une belle brute qui n’est certes pas très résistante mais qui fonce comme un missile sur les survivants en emportant tout sur son passage, provoquant d’énormes dégâts… Le menu des réjouissances serait incomplet si Valve n’avait pas eu l’idée de rectifier la copie de la redoutable Witch que l’on retrouve parfois désormais en train de déambuler au lieu de rester prostrée dans son coin… La déranger fait toujours aussi mal. Et, ô joie, maintenant, le terrible Tank a changé de stratégie. Avant, il s’en prenait à une victime mise à terre jusqu’à ce qu’il la broie. Détourner son attention était presque impossible. Aujourd’hui, ayant tiré les leçons de son immobilisme temporaire qui l’exposait au feu de l’ennemi, la forteresse sur pattes change de cible dès qu’elle à mis un survivant à terre histoire de jouer la carte de la décimation de tous les survivants au plus vite. Autant dire que la présence d’un Tank provoque toujours autant d’effroi chez les joueurs !

Conclusion : Aucun repos pour l’âme. L4D2 est une fabuleuse baston, superbement rythmée, dans des environnements dont la conception se prête magnifiquement à l’exercice de survie proposé. Non seulement le système « I.A Director » de Valve garantit des parties toujours renouvelées, mais en plus des divers niveaux de difficulté du mode campagne (auxquels s’ajoute un ultime niveau « Réalisme » !), d’autres modes de jeu (versus, survie, scavenge) permettent au soft de Valve de se tailler une place de choix en terme de durée de vie. Connaissant certes quelques bugs (notamment des aléas de lancement des parties) dont aucun s’avère par ailleurs rédhibitoire, L4D2 a réussi le pari de (presque) faire oublier son prédécesseur pourtant déjà unanimement salué par la presse spécialisée et les gamers adeptes du défouraillage en ligne. Avec une difficulté globale revue à la hausse et un léger lifting, L4D2 est parvenu à surpasser le premier volet. Pas révolutionnaire en tant que tel, non plus une simple copie du premier jeu, L4D2 réussit le tour de force de s’être affirmé comme un FPS online indispensable. D’autant plus remarquable qu’il était attendu au tournant à grand renfort de critiques véhémentes. Les gars de Valve ont su conserver le meilleur tout en améliorant des éléments-clés (notamment le level-design) qui rendent le gamepley encore meilleur et les parties plus trépidantes.

A noter : Left 4 Dead 2 est également dispo. sur X-Box 360.

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