Test jeu vidéo PC: STALKER Clear Sky passé au compteur Geiger

stcscover De mémoire de joueur, « S.T.A.L.K.E.R Shadows of Tchernobyl » reste l’une des meilleures campagnes solo FPS de l’histoire, et dans tous les cas, certainement la plus envoutante. Du coup, cette suite (en fait une préquelle) aura sûrement été l’un des jeux les plus attendus de l’année. Alors « Clear Sky » surclasse-t-il son prédécesseur ? C’est grisé par la perspective d’arpenter à nouveau le terrain maudit de « la Zone » qu’on reprend souris et clavier… Non sans une certaine appréhension de ce qu’on va devoir affronter, là-bas, au fin fond de l’Ukraine…

« La Zone… Vaste territoire d’interdiction tracé autour de la centrale de Tchernobyl. Une terre morte depuis le sinistre drame du 26 avril 1986 provoqué par le réacteur n°4 de l’installation. Nous sommes en 2011. Inhospitaliers, irradiés jusqu’au dernier gravier, ces hectares de friches et de ruines n’en sont pas pour autant restés un no man’s land. Des aventuriers, attirés par l’appât du gain ont investi le terrain parsemé d’anomalies et de mutants dans l’espoir de faire fortune en y dénichant des trésors cachés. Sans compter que des légendes courent sur la Zone, comme au sujet de ce fameux exauceur de vœux… Moi, je suis Le Balafré. Un surnom comme tant d’autres ici. Ce jour là, j’accompagnais un groupe de scientifiques qui louent volontiers les services de Stalkers comme moi pour assurer leur couverture. C’est lorsque nous avons atteint les abords de la voie ferrée que le vent a tourné… Le silence… Lourd, pesant… Jusqu’à ce qu’une meute de pseudo-chiens détalle sous notre nez sans nous prêter attention. Puis ce grondement. Le ciel s’est empli d’un rouge intense, comme si l’enfer remontait des entrailles de cette foutue terre. Puis un souffle violent, brûlant. Puis plus rien. Que le noir. Lorsque je me suis éveillé, je fus accueilli par Lebedev, le chef de la faction du Firmament installée dans le Marais. J’ai eu de la chance dit-il. Ses hommes m’ont sauvés alors qu’une meute de bestiaux allait me dépecer. Je ne connais pas « monsieur Providence » et pour tout dire, je l’intrigue… J’ai anormalement survécu à l’une de ces émissions d’énergie étranges de plus en plus violentes que la Zone « envoie » de temps à autre. Lui essaie d’expliquer ces phénomènes. On ne va pas tarder à découvrir que cela est dû à une intrusion  humaine au cœur même du territoire. Quoi ! Des barrés se sont aventurés jusqu’à la centrale ! Lebedev a raison. Il faut stopper ça. Bah ouais, mais moi euh… Ah, moi, me dit-il, je vais l’aider à faire cesser tout ça. Je lui dis bien que je n’ai rien à faire de cette histoire, mais il semblerait que même si je résiste aux émissions, mon cerveau grille peu à peu. Si je l’aide et si on réussit, je sauve la Zone et ma peau du même coup… On dirait que j’ai plus vraiment le choix finalement… »

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Ci-dessus (capt. N4FF): La nuit venue, on assiste à des moments d'intense camaraderie au coin du feu. Ca baragouine en russe, ça boit de la vodka, ça joue de la guitare... Un peu de douceur dans ce monde hostile.

Aucun doute : la mise en bouche ressuscite bien le scénario post-apocalyptique de Shadow of Tchernobyl et on en salive. Pourtant, il faut déjà relever une bévue majeure. Clear Sky est un jeu honteusement bugué ! Et si vous l’achetez tout juste, téléchargez vite les patches pour éviter un maximum de misères et pas des moindres : sauvegardes irrécupérables, éléments majeurs du gameplay totalement foireux… Sachant que comble du comble, lesdits patches sont incompatibles avec les anciennes sauvegardes, mieux vaut faire le nécessaire de suite ! Si ces correctifs ne fixent pas forcément tout, vous limiterez déjà bien les dégâts… Et l’expérience n’en sera que plus haletante ! Car au final, même imparfait à l’image du premier épisode, Clear Sky méritait mieux que ça, on va le voir, tant il est prenant au possible.

Passé les critiques violentes, on peut enfin se concentrer sur l’essence même de ce second S.T.A.L.K.E.R. Quoi de neuf ? Eh bien en fait, pas grand chose ! A commencer par le périmètre jeu qui reprend trait pour trait celui de Shadow of Tchernobyl.  On évolue donc en terrain connu, sauf pour la première carte, le Marais, qui constitue la nouvelle portion de l’opus, ainsi que pour la ville de Limansk (dont la traversée est ultra-linéaire). La Zone reste subdivisé en cartes connectées entre elles par des points d’accès précis. Grosso modo, chaque map met en présence 2 à 3 factions différentes. C’est là qu’intervient une nouveauté : certains clans se livrent une guerre sans merci. Vous aurez le choix de participer vous même à ce combat en vous enrôlant dans un clan (moyennant mise à l’épreuve). Mais attention, selon vos choix, votre progression risque de devenir compliquée car certaines factions s’en veulent à mort. Cela dit, on peut continuer à faire cavalier seul et filer des coups de main à droite à gauche histoire de faire des roubles, de glaner des informations… Et de progresser dans le scénario !

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Ci-dessus (capt. N4FF): On retrouve la Décharge, lieu mal famé peuplé de bandits, qui témoigne des opérations de secours de 1986 avec les enfilades de véhicules de secours abandonnés.

D’ailleurs, les affaires ne tardent pas à monter en pression puisque dès le réveil, il faudra donner un coup de main au Firmament pour repousser les Bandits du Marais. Et contrairement à Shadow of Tchernobyl, ici, vous aurez les moyens de vous atteler à la tâche car vous pouvez récupérer des armes en tout genre, des munitions et des grenades dès le début. Ne pas hésiter à fouiller les cadavres ! C’est l’opulence ! On s’en sort donc d’emblée mieux que dans le précédent volet, presque jusqu’à l’excès ! Sans compter que certaines caisses de munitions sont garnies d’entrée d’un peu tous les calibres. Par contre, ce qui ne change pas, c’est l’imprécision atroce des pétoires ! Afin d’en tirer un meilleur parti, il faudra recourir aux services des mécaniciens (abrités dans les bases des factions) qui proposent d’améliorer et de réparer votre attirail (jusqu’aux combis de protections). Tout ça n’est pas de trop face à des ennemis virtuoses, capables de vous expédier une « pinneaple » avec une précision chirurgicale ou de vous moucher sans broncher à quelques bonnes dizaines de mètres ! Par contre, les concepteurs ont revu les syndrome « œil de lynx » des « tangos ». On le constate dans le noir. Si vous n’allumez pas votre torche, vous pourrez les approcher sans bruit d’assez près pour les zigouiller rapidement. On notera quand même que l’I.A est loin d’être transcendante. On a déjà vu plus dégourdi. Sur ce point, pas d’avancée donc. Mais enfin, le tempérament coriace des adversaires et la sauvagerie de certains mutants donnent de bonnes suées !

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Ci-dessus (capt. N4FF): Le cycle jour-nuit de "Clear Sky" est ponctué d'effets de lumière absolument bluffants.

Sans compter que La Zone reste un lopin de terre plutôt rude. Ainsi, outre les bandits et autres créatures déformées, elle est parsemée d’anomalies liées à l’irradiation. S’il vaut mieux s’en tenir à l’écart, il faudra cette fois savoir mouiller la chemise. Vous vous souvenez des fameux artefacts du premier S.T.A.L.K.E.R ? Ces concrétions sensées vous apporter des bonus de santé, d’endurance etc… On les moissonnait alors à la pelle. Ce temps est révolu : les artefacts sont plus rares et nichés au cœur d’anomalies radioactives. C’est grâce à des détecteurs spéciaux qu’on les repère. Un peu de vodka, des médocs anti-rad, de la rapidité et accessoirement une bonne combinaison vous permettront d’aller faire du ramassage en évitant une surdose mortelle de radioactivité. L’intérêt de prendre de tels risques, c’est que certains artefacts se négocient bien auprès des marchands de la Zone (économisez pour une bonne combinaison et améliorer vos armes). Car sinon, comme dans Shadow of Tchernobyl, ces caillasses restent franchement inutiles pour votre propre compte. On peut tenir l’aventure sans  ! Mieux vaut se nantir d’une bonne protection corporelle que de focaliser sur ces grigris biscornus.

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Ci-dessus (capt. N4FF): On fait parfois des rencontres inattendues comme ce solitaire tapis dans un tunnel obscur, lance-roquette en bandoulière. Celui-là pourra vous proposer une mini-quête rétribuée en matériel.

Jusqu’ici on le voit, Clear Sky ne présente rien de révolutionnaire par rapport à son aîné. Il joue donc peu ou prou à égalité avec Shadow of Tchernobyl… Ce qui est déjà monstrueux en soi ! Un FPS aussi intense et captivant, c’est un bonheur. Un bonheur qu’on redécouvre intact, avec une ambiance moite, noire et inquiétante qui paradoxalement, dégage un charme puissant qui vous assaille dès les premières minutes. Le brin de RPG qu’intègre S.T.A.L.K.E.R a beau ne pas être au zénith du genre, il relève le tout. La campagne principale, moins linéaire que celle de Shadow of Tchernobyl, est agrémentée de nombreuses missions secondaires facultatives qui accentuent considérablement la durée de vie du jeu… Bref, même si on repart dans un environnement connu, on reste inquiet, tendu, nerveux… D’autant qu’en terme d’immersion, Clear Sky possède une carte maîtresse : le graphisme…

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Ci-dessus (capt. N4FF): Là, avec un groupe de Devoir, on file vers leur camp principal. De nuit comme ça, c'est assez flippant. Ca ne va pas tarder à barder d'ailleurs. Et avec mes binocles de vision nocturne à l'efficacité plus que douteuse, ça n'arrange rien au stress...

Je vous jure qu’au réveil dans le Marais, quant on s’avance vers la première fenêtre, on tombe raide ! D’autant si votre config vous permet d’afficher le tout en éclairage dynamique complet ! C’est une tuerie ! Les environnements ont gagné en finesse, les textures sont magnifiées… C’est un bonheur contemplatif que d’assister au lever du jour, de voir l’évolution des ombres… Se caler dans un coin tranquille pour admirer le coucher du soleil est tout aussi jouissif ! Les tons virent à l’orange, la lumière devient rasante avec des effets de lens-flare… C’est beau, magnifique. Pour peu qu’un orage éclate en pleine nuit, le spectacle est complet ! Et le test a été réalisé sous Win XP (Dx9 donc), sans les effets volumétriques dernier cri et autres surfaces dynamiques permise par Dx10. C’est dire ! Alors certes, tout ça n’est pas parfait : quelques textures font cheap, certains éléments du décor sont moins crédibles que d’autres, mais globalement, c’est du haut niveau, qu’on se trouve en pleine nature, dans un bâtiment ou dans les sous-sols lugubres et dévastés d’une installation industrielle (là, c’est franchement souvent les chocottes !). Restent également quelques curiosités d’affichage et des comportements curieux voire irritants de la part des PNJ. Exemple de ces Stalkers traversant une anomalie enflammée en poursuivant leur bonhomme de chemin comme si de rien était… Ou encore des camarades qui à l’alerte d’une émission énergétique vous barrent le passage, vous empêchant de rejoindre l’abri le plus proche. Grrr ! Pourtant c’est tout aussi fort que dans le 1er S.T.A.L.K.E.R : on s’accommode vite de ces défauts tant l’essence même du jeu fournit une expérience de jeu incomparable…

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Ci-dessus (capt. N4FF): Un éclair illumine le site d'Agropom, ancien laboratoire investi par la faction du Devoir. Un bel exemple d'éclairage dynamique proposé par "Clear Sky".

En conclusion, Clear Sky déboule sur un véritable tapis rouge. Dommage que ce dernier soit un peu fripé à cause des méga-bugs qui entâchent le jeu original. Les patches déballés dans la foulée ont bien remis d’aplomb un nombre conséquent d’hadicaps majeurs, il n’empêche qu’une telle commercialisation, c’est purement honteux ! Pour le reste, Clear Sky affiche un profil semblable en tous points à Shadow of Tchernobyl : les mêmes forces et quasi les mêmes faiblesses mais avec cette ambiance inégalable et hors du commun qui balaie (presque) tout le reste. D’autant que le relooking extrême de la Zone plonge le joueur dans un monde unique et intensément beau, avec des éclairages dynamiques du plus bel effet. Malgré ses défauts évidents, Clear Sky sera sans doute l’un des meilleurs FPS de l’année sur lequel on ne saurait faire l’impasse au risque de vraiment se priver d’un hit en puissance au charme sépulcral hypnotique.

2 commentaires pour Test jeu vidéo PC: STALKER Clear Sky passé au compteur Geiger

  1. Cyril dit :

    Superbe test (qui sent bon le Ratouweb), ca donne vraiment envie!!

  2. jeff dit :

    Oui, c’est vrai que le 1er STALKER avait été testé dans Ratouweb :
    http://ratouwebzine.free.fr/parution/ratouwebnum30.pdf
    Clear Sky est une digne suite. Et je le redis : dommage aussi que le jeu s’octroie la palme du jeu vidéo le plus buggué de l’histoire à sa sortie… Sachant que les correctifs ne sont venus à bout de tout malheureusement. Mais l’expérience est exaltante !

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