Roman : « La Théorie de Gaïa » par Maxime Chattam

theoriedegaia Les libraires s’en frottaient très certainement les mains d’avance ! Dès son tout premier roman, le jeune écrivain de thriller français Maxime Chattam est devenu un phénomène. Passé expert dans l’art de maîtriser le suspense écrit sous une forme très cinématographique, l’auteur dévoile une nouveau scénario sombre, inquiétant et palpitant comme il sait les façonner. Et si sa recette ne bouge pas d’un iota, force est de constater qu’elle fonctionne une fois encore à merveille…

Le monde connaît une explosion des catastrophes naturelles et une multiplication des tueurs en série. C’est dans ce contexte trouble que Peter DeVonck, biologiste, sa femme Emma, paléoanthropologue et son beau frère Benjamin, spécialiste du comportement, se voient proposer une mission secrète par la Commission Européenne. Ils ne savent que très peu de choses, si ce n’est que leurs noms étaient étrangement cités dans des documents relatifs à des expérimentations douteuses vraisemblablement financées par des fonds européens détournés. Désireux de percer ce mystère qui leur offre également la possibilité de briser leur train-train professionnel, les trois spécialistes décident de jouer le jeu, malgré le peu d’explications dont ils disposent. Tandis que les deux hommes sont expédiés au centre de recherche du Pic du Midi supposé être le centre nerveux des opérations illégales, Emma s’envole vers l’île sauvage de Fatu Hiva dans l’archipel des Marquises qui serait le terrain des expériences commanditées…

Maxime Chattam poursuit avec La Théorie de Gaïa l’exploration du fil conducteur qui lie l’ensemble de ses romans : les racines du mal chez l’être humain qui conduisent ce dernier à se comporter parfois avec une brutalité extrême faisant ressurgir des instinct de prédation primaires. C’est donc sans réelle surprise que son dernier roman exploite le thème du tueur en série qu’il a si brillamment développé dans sa première trilogie, dite « Trilogie du mal » qui a fait de lui l’auteur à sensation qu’il est devenu. D’autant que Chattam s’était alors aventuré avec audace directement sur le « terrain de jeu » des plus célèbres écrivains de thriller U.S.

L’écriture de l’auteur et tout particulièrement le rythme qu’il imprime au déroulé des événements fait toujours mouche. La recette est éprouvée : à l’image d’un feuilleton à l’américaine, les chapitres se terminent sur un élément de suspense « sur le fil du rasoir ». On se retrouve littéralement happé dans l’histoire, d’autant qu’en l’espèce, elle jongle entre deux lieux distincts permettant à l’auteur de faire durer le plaisir. Un rythme de croisière inébranlable qui ne souffre d’aucun accroc.

Autre élément bien présent qui participe à l’efficacité de l’ensemble : des personnages ultra-charismatiques qui évoluent dans un scénario aux rebondissements multiples qui parvient à semer le doute : a-t-on réellement à faire à des événements rationnels ou y aurait-il des explications surnaturelles à tout cela ? Rappelons qu’en 2003 Chattam avait publié sous le pseudonyme de Maxime Williams Le Cinquième Règne, un roman fantastique digne de Stephen King, qui avait reçu le prix du roman Fantastic’Art du Festival de Gérardmer. La réunion du policier et de l’irrationnel lui permet de brouiller les pistes sans que le lecteur parvienne à savoir d’emblée sur quel pied il danse et surtout, sur lequel il finira sa valse obscure.

La Théorie de Gaïa est donc un roman qui fonctionne particulièrement bien, un de plus pour Chattam dira-t-on. Le seul reproche qu’on pourrait formuler à l’encontre de l’auteur, c’est le fait que son style d’écriture ne soit pas forcément toujours à la hauteur de sa maîtrise du suspense. En contrepartie, il garantit une lecture « facile » en adéquation avec le tempo haletant de l’histoire. Alors point de raison de bouder son plaisir. Car La Théorie de Gaïa, sans nécessairement atteindre le brio de l’Ame du Mal, d’In Tenebris ou de Maléfices, est la garantie d’un thriller de belle facture. A bouquiner à la lueur de la lampe de chevet.

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