Jeu vidéo PC : Test complet d’Assassin’s Creed !

asscreed_cover « Un assassin ! Tuez-le ! ». A l’alarme, une silhouette blanche disparut dans la cohue du souk de Damas. Le garde à ses trousses fut sur le point de la rattraper, lorsque la forme bondit soudainement sur quelques tonneaux et prit son envol, tel un animal surnaturel, pour virevolter de poutre en poutre, avec une agilité déconcertante. Médusé, le garde, rejoint par une poignée de croisés, ne put que rester impuissant, l’épée pendant mollement dans son poignet. Qui était donc ce démon qui venait de tuer l’un des siens ? Après avoir achevé d’escalader un dernier bâtiment, la forme blanche encapuchonnée jeta un dernier coup d’œil tout en contrebas à ses poursuivants médusés. Puis elle s’évapora…

Assassin’s Creed déboule enfin sur P.C après avoir fait le bonheur des possesseurs de consoles next-gen. Il s’agit donc d’un portage, oui, mais on constate vite que le travail n’a pas été bâclé. On passera sur les quelques ajouts pas nécessairement révolutionnaires dont bénéficie cette version (qui se voit du coup qualifiée de « Director’s cut ») pour évoquer d’emblée sa maniabilité. Si au départ un bon vieux pad semble apporter plus de confort, le jeu est très largement jouable au couple clavier-souris sans réclamer des doigts tentaculaires. D’ailleurs, le test à été finalement réalisé aux 3/4 par ce moyen (les PCistes purs et durs en seront ravis).

Ci-dessous : attaquons le visuel par un trailer qui pose bien le cadre…

Mais commençons par le commencement… L’histoire se déroule à l’époque de la 3ème croisade. Vous incarnez Altaïr, un membre émérite de l’ordre des Assassins. Oui mais… Votre tempérament un rien suffisant vous a conduit à échouer votre dernière mission, ce qui a provoqué le courroux d’Al Mualim, votre supérieur. On ne badine pas avec le Credo des Assassins ! Vous voici donc rétrogradé au rang de novice : dépouillé de vos armes et de vos habiletés spéciales, il va falloir que vous démontriez que l’on peut à nouveau vous faire confiance en remplissant une importante mission : tuer 9 conspirateurs qui trempent dans des imbroglios politico-guerriers sois-disant préjudiciables à la paix pour laquelle vous luttez…

Encore un jeu saignant diront certains… Certes oui, mais d’une part l’univers moyenâgeux était quand même rustre et d’autre part, histoire de tordre le cou aux idées reçues, c’est une jeune femme qui a commandité ce projet d’Ubisoft Montréal : la charmante Jade Raymond. Ceci étant dit, faire couler les globules ne constitue qu’une partie du jeu qui mise également sur la discrétion. On voit mal un assassin déclamer son identité à tire-larigot s’il veut mener ses desseins à bien. Alors Assassin’s Creed, hack’n’slash ou infiltration ? Un peu des deux à vrai dire. Il va falloir faire parler les armes tout en sachant faire profil-bas. Cependant, à contrario des jeux purement basés sur la discrétion que sont Metal Gear Solid ou Splinter Cell, les capacités furtives d’Altaïr, héros du jeu, sont plus limitées : pas possible de se plaquer contre un mur, d’attirer une cible dans un guet-appens, de ramper etc… La discrétion repose tantôt sur des postures neutres (marcher lentement pour ne pas faire du bruit, écarter délicatement les porteurs d’eau pour éviter la casse, se fondre dans un groupe de moines pour traverser la garde…), tantôt sur le fait de se soustraire à la vue d’ennemis une fois qu’on est repéré (en général en se dissimulant dans des « guitounes » sur les toits ou dans des meules de foin). C’est donc limité et répétitif à la longue mais d’un autre côté, les poursuivants sont moins perspicaces que dans un Metal Gear

Ci-dessous (capture N4FF) : Altaïr va de ville en ville à cheval.

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Assassin’s Creed se joue à la troisième personne. Bon point : la caméra est maniable à loisir. Cela permet d’anticiper et de bénéficier d’angles de vue adaptés. Très utiles dans les vastes cités que vous allez parcourir, dans lesquelles règne l’effervescence de l’époque entre les passants, les marchands, les croisés, les déments, les lépreux et on en passe. Excellente ambiance au passage qui permet à Assassin’s Creed de se démarquer tout en proposant un scénario accaparant auréolé de mystère, ce qui n’est pas peu dire. Car en sus de l’intrigue principale existent d’autres interrogations… Mais on se gardera d’en dire plus sur ce point. A vous la surprise…

Revenons-en à vous, Altaïr. Vos « habiletés » (pour reprendre un terme cher à nos amis québécois) ont de quoi donner le tournis. Physiquement tout d’abord, vous êtes un athlète accompli : pour peu qu’il y ait une aspérité dans un mur, l’escalade d’un édifice si haut soit-il ne saura vous résister. Parvenir au sommet de certaines tours et autres clochers au-dessus desquels tournoient des aigles vous permettra d’ailleurs d’avoir une vue des alentours et de les mémoriser sur une carte personnelle. Les sensations sont vertigineuses, c’est le cas de le dire (et on ne vous parle pas du fameux « Saut de la foi » que vous pouvez effectuer pour redescendre) ! Mais ce n’est pas tout : agile comme pas deux, il vous suffit de donner une impulsion sur un muret pour enchaîner sur un autre un peu plus haut, bondir derechef sur une plateforme, plonger dans la foulée vers un mât et dans l’élan, rebondir sur une poutrelle, puis une deuxième et enfin, finir par un dernier saut de vous accrocher au rebord d’un toit et d’une traction, vous retrouver au sommet de ce dernier. Fantastique, soit pour le fun, soit pour semer des croisés à vos trousses ! Et si simple : il suffit de choisir une direction et d’effectuer des pressions synchronisées sur la barre « espace » pour valser d’élément en élément. On se plait à user et abuser du système, tant Altaïr évole avec une grâce et une souplesse à tomber par-terre (un comble !…). Le seul mouvement curieux d’Altaïr, c’est lorsqu’il sprinte… Il adopte alors une attitude moins crédible qui contraste avec le reste de ses prestations. Juste un détail…

Ci-dessous (capture N4FF) : Petite séance de varappe au-dessus de la cour d’un hospice. La prise est bonne… Il ne reste plus qu’à attendre un moment d’inattention du garde pour lui fondre dessus.

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Mais en tant qu’assassin, votre existence ne se limite pas à effectuer des danses de Saint-Guy sur les toits. Vous bénéficiez d’un attirail à la mesure de la profession : vos poings, la traditionnelle épée, mais aussi des couteaux de lancer (couplés à une dague pour la mêlée) et une lame escamotable dans la manche pour la besogne discrète (on vous a d’ailleurs coupé un doigt histoire d’en faciliter l’usage). Les confrontations armées faisant partie du quotidien, là encore Ubi a garni notre assassin de talents adéquats. Il est ainsi possible de réaliser des combos du meilleur effet, de saisir l’adversaire pour l’envoyer au tapis (ou le faire tomber d’un bâtiment), de porter des contre-attaques fatales, de parer, d’esquiver etc… Les combats sont d’une belle intensité et leur gestion a été rudement bien étudiée : entouré par 4 ou 5 ennemis, vous verrouillez une cible pour passer en mode combat. Si un autre vous attaque et que vous déclenchez une parade, vous ferez directement volte-face et ainsi de suite. La jouabilité est donc pleinement au rendez-vous. Reste à se familiariser avec ce système et à mémoriser les combinaisons de touches. C’est un peu ce qui laisse perplexe au début mais finalement, avoir été rétrogradé a du bon : vous regagnez les habiletés au fur et à mesure de vos succès et êtes toujours accompagné par un didactitiel. Cette progressivité bienvenue permet d’assimiler en douceur des gestes qui vont très vite devenir naturels. Placer vos coups de Jarnac ne sera plus alors qu’une histoire de timing.

La progression dans le scénario se veut quant à elle plus linéaire qu’il n’y paraît. En effet, avant de tuer l’une des 9 cibles désignées (réparties au 4 coins du royaume), il faudra généralement glâner des informations ou compléter des quêtes annexes. Parmi celles-ci, certaines sont optionnelles, notamment les sempiternelles délivrances de civils molestés par des soldats. Si venir en aide à ces innocents permet de se dégourdir le sabre et de bénéficier par la suite de couverture lors d’une fuite (il y a quand même des individus reconnaissant en ce bas monde), ce n’est pas vital non plus. Les actions à accomplir sont donc souvent « téléguidées ». Reste le fait qu’il faudra parfois se résoudre à éliminer les archers sur les toits pour faciliter la progression qui pour sa part, reste un bonheur de haute volée !

Ci-dessous (capture N4FF) : Cette jeune demoiselle s’appelle Lucy. Elle n’a pas vraiment l’air d’une paysanne médiévale n’est-ce pas. Mystère…

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En matière technique maintenant, Assassin’s Creed tient globalement ses promesses tout en restant perfectible. Au rang des bonnes choses en plus de tout ce qui a déjà été souligné, la physique des corps : si en courant vous rencontrez une armoire à glace, vous rebondirez sur sa bedaine et si vous cavalez dans la foule, vous risquez d’être déséquilibré et de tomber. Concernant l’affichage, le jeu est loin d’être exempt d’aberrations polygonales. Pas gênant certes, mais le fignolage des détails jure parfois avec les autres éléments très réussi du jeu. L’I.A est pour sa part relativement capricieuse : les soldats ne sont pas censés vous repérer en mode « discret », mais parfois, sans vraie raison, il arrive que ce soit le cas d’un individu alors que vous êtes passé tranquillement devant un peloton en ordre de marche. Dans d’autres circonstances, vous mériteriez d’être pris en chasse et rien n’arrive. Enfin, il est assez facile de se dissimuler dans une course-poursuite, les ennemis ne cherchant pas plus loin que le bout de leur nez. Au rang des choses à améliorer, les voix. Les personnages principaux ont été doublés avec de bonnes prestations, ce qui n’est pas toujours le cas de la foule. Non seulement les répliques des simples quidams sont lâchées sans conviction mais en plus, si au début elles font sourire, elles finissent pas devenir un poil irritantes. Il suffit que vous entamiez une escalade pour que les badauds y aillent à qui mieux-mieux : « Mais pourquoi fait-il ça ? », « S’il se blesse, ce n’est pas moi qui irait le secourir ! », « Je n’avais jamais vu personne faire ça auparavant… » etc, etc… Pour un peu, on leur jetterai des cailloux. Ceci-dit, on apprécie grandement la fluidité de l’ensemble, les temps de chargements imperceptibles et l’absence de tout stuttering ou phénomène du genre. Un exemple !

Ci-dessous (capture N4FF) : « Assassin’s Creed » est un jeu où il faut savoir prendre un peu de hauteur sur les événements !

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En conclusion, Assassin’s Creed n’est pas forcément une tuerie (!) monstrueuse mais il se pose comme une excellente référence en terme d’idée, d’originalité, d’ambiance et de gameplay. Merci Ubisoft ! La double-intrigue sur laquelle repose l’histoire est bien sentie et donne une dimension addictive au soft. Niveau jouabilité, Assassin’s Creed détonne vraiment : l’agilité et la prestance d’Altaïr en matière d’escalade, d’acrobatie et ses vives capacités de combattant en font un héros charismatique que l’on prend un immense plaisir à diriger. Bref, on pardonne volontiers à Assassin’s Creed ses faiblesses et son brin de répétitivité tant il permet de faire du TPS sous un angle inhabituel et globalement fort réussi. En somme, le jeu en vaut la chandelle. A vos portes-monnaie !

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