CD : « Dig!!! Lazarus Dig!!! » de Nick Cave and the Bad Seeds

diglazarus_cover Après la petite parenthèse effectuée avec son side-project Grinderman, l’insaisissable Nick Cave, hérault du post-punk, remet le couvert avec son groupe The Bad Seeds pour ce 14ème album studio ! Ce coup-ci, l’australien s’affranchit quelque peu de son côté rocker-poète torturé et de ses dimensions musicales vaporeuses pour envoyer des compositions punchy plus « terriennes », sans oublier non plus totalement le tempérament « scary » qui lui va si bien…

C’est en 11 chapitres que le sieur Cave revient hanter la scène rock. Toujours aussi déterminé et animé d’une énergie phénoménale, le larron conserve son obscurantisme artistique mais affirme dès le premier titre, Dig, Lazarus, dig !!!, une intention de mise en scène par mélodies catchy interposées. Cette histoire pseudo-biblique de Lazare transposée dans les temps modernes entre New York et San Francisco est plus proche musicalement d’Iggy and the Stooges que d’un psycho-rock à la Lydia Lunch. Un caractère direct et énervé qui se retrouve dans d’autres titres comme Today’s lesson emmené par une ligne de basse ronronnante ou l’énergique Albert goes west limé à la grosse guitare. C’est dire si Cave et ses « mauvaises graines » s’en vont cette fois titiller un son mordant, un rock « garage » cisaillant qui fait mouche et qui provoque une irrémédiable envie de se dandiner… Et surtout de se consacrer sans interruption à ce qui suit et qui ne manque pas de flatter l’oreille. On s’extasie que les mélodies de Cave, qui conservent toujours un côté 70’s délicat, s’en aillent parfois prendre de faux-airs de Bowie (époque Tony Visconti) sur le westernesque Hold on to yourself et plus franchement encore sur Lie down here. Grandiose. Mais le bon vieux Nick n’a pas fait le ménage dans toute sa caisse à outils ! Il sait resservir des complaintes hallucinées nappées de bruitisme (Night of the lotus eater) ou encore des compositions plus « conformes » au registre habituel de l’équipée Bad Seeds (Jesus of the moon et Midnight man). En résumé, voici un nouvel album riche et complet qui démontre que Nick Cave et sa suite ont toujours leur mot à dire. Mieux que ça, l’artiste, parmi les plus complets qui soit, prouve une fois de plus qu’il maintient son niveau d’exigence vis-à-vis de lui-même en refusant la facilité. Sûrement la clé de sa longévité qui fait de lui une sorte de ménestrel intemporel au charme certes obscur mais inébranlable.

Nick Cave & The Bad Seeds sur le net :
– 6 morceaux de Dig, Lazarus, dig!!! sont en écoute sur le MySpace
– Voyez également les délires du dark-crooner sur son site officiel

Ci-dessous : le clip du titre « Dig, Lazarus, dig !!! » qui permet de se faire une bonne idée des morceaux électrisés contenus dans l’album du même nom.

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