Cinéma : « Les faussaires » de Stefan Ruzowitzky

faussaires_couv Direction les salles de cinéma art-et-essai pour un film au sujet historique quasiment inédit. Stefan Ruzowitzky, le réalisateur, revient en effet sur un épisode de la 2nde guerre mondiale longtemps demeuré secret : l’opération Bernhard, échafaudée par les nazis afin de tenter de ruiner les économies britannique et américaine…

Berlin, 1936. Salomon Sorowitsch, faussaire de confession juive passé expert dans son art, vit de la contrefaçon de passeports et autres billets de banque… Arrêté par Friedrich Herzog, agent de la Gestapo, il est interné au camp de Mauthausen. Remarqué pour ses talents artistiques, il est rapidement transféré dans celui de Sachsenhausen en compagnie d’autres détenus spécialistes de l’imprimerie. Il y retrouve Herzog qui y dirige désormais un atelier spécial : le centre nerveux de l’opération Bernhard, vaste machine destinée à contrefaire les devises pour torpiller les économies des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. Sorowitsch et ses camarades co-détenus qui bénéficient de conditions d’enfermement privilégiées, voient leur survie liée à leur efficacité au travail. Aussi Sorowitsch s’emploie-t-il à mener l’atelier de main de maître, ce qui n’est pas du goût d’Adolf Burger, photograveur de l’atelier, qui prône le sabotage de l’opération…

Ci-dessous : bande-annonce du film.

Coopérer ou résister ? Assurer sa survie ou se sacrifier ? Tel est le douloureux dilemme posé par ce film qui soulève tout l’aspect manichéen de la question. Grand Prix du film allemand du festival de Berlin, Les faussaires (Die Fälsher) tire son intérêt de sa double approche, humaine et historique. Car en effet si le projet Bernhard, qualifié de plus vaste opération de contrefaçon de l’Histoire, fut placé sous le sous le sceau du secret le plus absolu par les nazis, il fut traité de même par les autorités britanniques qui interdirent d’en faire mention au procès de Nuremberg, de peur que leur économie n’en soit emportée. Pour ne rien gâcher, le scénario du film, bâti à partir du livre autobiographique d’Adolf Burger, bénéficie d’une mise en scène millimétrée et d’une photographie légèrement granuleuse qui lui confère un air d’époque. Couronné d’interprétations magistrales, ce film qui par-delà son sujet amène à une réflexion profonde, est une belle réussite de cinéma allemand. A voir.

2 commentaires pour Cinéma : « Les faussaires » de Stefan Ruzowitzky

  1. Benoît Graux dit :

    Bonjour,

    Ayant vu et… aimé dernièrement le film « les faussaires », j’aimerais avoir des précisions sur la musique du générique de fin…

    Merci

    B. Graux

  2. jeff dit :

    Bonjour Benoît. A priori, sauf erreur de notre part, le morceau du générique de fin s’intitule « Silencio ». Il est extrait de la B.O du film disponible en CD. Vous pourrez faire une écoute d’extrait ici (site de la FNAC) :
    http://musique.fnac.com/a2184199/Bande-originale-de-film-Les-Faussaires-CD-album?Mn=-1&Mu=-13&Ra=-28&To=0&Nu=1&Fr=0
    Bonne écoute. A très bientôt sur nos pages !

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