Musique : D-A-D, le cowpunk made in Danemark

dad_logoD-A-D… Derrière ce sigle, 4 danois dopés au heavy rock U.S. Trois lettres pour « Dineyland After Dark », appellation initiale du groupe qui fut contraint de la réduire afin d’échapper aux menaces de procès de la part de la firme de l’oncle Walt. Une musique directe, des mélodies rageuses saupoudrées de riffs ciselés, des nuances voguant entre blues, rock et métal, voici l’histoire de D-A-D, un groupe hors du commun…

D-A-D (photo-ci dessous) voit le jour dans le courant des années 80 à Copenhague. Composé de la fratrie Binzer (Jasper : chant, guitare / Jacob : guitare), de Stig Pedersen (basse) et de Peter Lundholm (batterie), le groupe entreprend d’enregistrer son premier album, Call of the wild, en 1986, suivi un an plus tard de Draw a circle. Mais l’heure en est encore à l’anonymat…

dad_bandC’est en 1989 que l’ouverture se produit : D-A-D, signé par Warner Bros. Records met en boîte son premier L.P d’envergure internationale (No fuel left for the pilgrims), la maison de disques ne lésinant pas sur la promo. Le monde, qui connaît alors une montée en puissance de la vague métal, découvre cette étrange équipée danoise par deux singles successifs, Sleeping my day away et Girl nation, deux titres qui affichent l’un des traits caractéristiques du groupe : des riffs façon rock 60’s posés sur des rythmiques heavy-rock empruntant à des groupes comme AC/DC.

A cette époque où les clans se forment entre les adeptes du hard-FM et du thash-métal, D-A-D débarque en challenger qu’on a bien du mal à classer… Ni glam malgré les légères touches de rimel de Jasper et les crinières blondes des 4 musiciens, ni trop agressif, le groupe fait un peu figure d’ovni dans le paysage du fait de sa singularité. Sa musique affiche une étonnante puissance tout en mélodie et ses membres, qui respirent la bonne humeur, savent se théâtraliser avec détachement à l’image de Stig qui non content de porter un casque-bol blanc flanqué d’une étoile rouge, joue sur des basses à 2 cordes (!) qu’il dessine lui-même…

Ci-dessous : Le clip du premier single de D-A-D qui va connaître un franc succès, Sleeping my day away.

Le quatuor européen est donc lancé et finit par être étiqueté « cowpunk », cotoyant ainsi des groupes comme Dangerous Toys dans un style mêlant des bases typiques de blues/rock’n’roll U.S avec une approche corrosive, tantôt punk, heavy-rock ou métal… Il est vrai qu’en la matière, D-A-D ne se fait pas priver pour jouer l’ouverture. Aux côtés des deux singles cités, on trouve également des chansons plus brutes de décoffrage, comme le très agressif Ill will (clic pour voir vidéo live).

Le groupe rencontre un vif succès mais peine tout de même à convaincre le public américain en dépit des excellentes ventes de son premier single outre-atlantique. D-A-D va dès lors se concentrer davantage sur le marché européen et signer son deuxième opus sous la bannière de Warner en 1991 : Riskin’it all. On y retrouve le mélange de sons veloutés et de power-rock qui a forgé sa notoriété ainsi que, oh surprise, le titre-hymne I won’t cut my hair qui figurait déjà sur le confidentiel Draw a circle. Evidemment, vu le nombre de chevelus parmi les fans de rock et de métal, le morceau se taille d’emblée une place de choix dans la discographie des danois.

Ci-dessous : le clip vidéo de Bad craziness, titre extrait de Riskin’it all. Animé en stop-motion avec des personnages en pâte à modeler, il traduit bien l’état d’esprit de la formation : du bon gros rock avec la volonté de ne pas se prendre trop au sérieux.

C’est seulement quatre années plus tard que débarque l’album suivant : Helpyourselfish. Ce dernier affiche un profil plus percutant que les précédents avec un son plus heavy et des mélodies plus sombres comme en témoigne le titre Reconstrucdead. Helpyourselfish sera le dernier album de D-A-D à bénéficier d’une distribution massive. Le groupe, centré sur le marché européen, ne fait pas partie des groupes stars même si les fans suivent l’histoire avec assiduité, essentiellement dans les pays scandinaves. C’est ce qui permet à la formation qui s’en est retournée à une carrière plus confidentielle, de continuer à enflammer l’europe du nord et à remplir les stades avec 3 L.P’s supplémentaires : Simpatico (1997), Everything glows (2000) et Soft dogs (2002).

Flanqué d’un nouveau batteur (Laust Stonne) depuis 1998, le groupe sort son tout dernier album , Scare yourself, en 2005. Au départ uniquement disponible en import, il va faire ensuite l’objet d’une diffusion plus large, quoique limitée dans le temps. Cela-dit, Scare yourself est certainement l’un des meilleurs albums de D-A-D. Trempé dans un jus heavy-rock sans concession, il affiche un caractère mélodique solide pour un résultat absolument décoiffant, digne d’un road-movie musical sauvage et poussiéreux. Toutes les compositions (ou presque) parviennent à faire mouche, à l’instar du titre Hey now (clip ci-dessous) :

D-A-D n’a certes jamais fait partie des incones de la scène rock-métal malgré ses débuts en fanfare. Pas assez FM pour les uns ni suffisemment extrême pour les autres, gageons qu’à l’époque, certains seront passé un peu trop vite à côté de ce groupe atypique. Pourtant, le style a potentiellement de quoi accrocher les amateurs de musique musclée de tous bords. Il est vrai que la nécessité de se procurer les albums en import à des prix prohibitifs ne joue pas en faveur du groupe. C’est fort dommage. Malgré ça, on ne saurait que trop vous conseiller de vous immerger dans la discographie de ce combo peu connu mais au caractère de feu.

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