Cinéma : Aliens vs Predator Requiem

avp_cover Aliens contre Predator… Après des clins d’oeils discrets sur grand écran, la confrontation ultime entre les 2 créatures les plus mythiques de la science-fiction moderne avait finalement vu le jour dans un jeu vidéo. Puis ce fut au tour du 7ème art de s’emparer de ce duel emblématique en 2004. Mais en guise de combat prestigieux entre gladiateurs biomécaniques, on eût seulement droit à un long-métrage insipide.
On ne pouvait décemment en rester là. Cette fois-ci ce sont les frères Strause, grands magnat des effets spéciaux hollywoodiens, qui se sont emparés du concept pour signer leur premier film en tant que réalisateurs. Malheureusement, ce Aliens vs Predator Requiem n’éhappe pas à la loi des séries…

...Pourtant la matière était au rendez-vous, avec un synopsis qui faisait fantasmer bon nombre de fans de S.F depuis longtemps : faire débarquer les deux prédateurs sur notre Terre (notamment les aliens de H.R Giger « qui ne s’y étaient jamais rendus ») à une époque contemporaine loin du contexte futuriste habituel. Tous les ingrédients étaient là : un vaisseau Predator chargé d’embryons aliens qui se crashe sur terre dans une bourgade ordinaire, isolée dans les montagnes des Etats-Unis, voila qui pouvait donner lieu à un huit-clos oppressant, à un drame moderne d’envergure et à des scènes d’anthologie dignes des plus grands moments vécus dans chacune des séries, Aliens et Predator.

En lieu et place de cela, le duo Strause ne propose qu’une succession de scènes très convenues, sans aucune exploitation des possibilités du cadre. Pourtant au départ, on y croit volontiers. On sent même que les réalisateurs ont pris le parti de ne pas céder à un trop-plein d’effets spéciaux pour au contraire les calibrer à l’oeuvre. Mais on déchante vite.

Ci-dessous (photo de prod.) : Le Prédalien, en fait un alien sorti des entrailles d’un Predator incubé dont il a hérité des dreadlocks, sème la zizanie dans une maternité, non sans s’en être préalablement pris au personnel hospitalier, ça va de soi…

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La mise en scène d’Aliens vs Predator Requiem ne soutient aucune dramaturgie et ne laisse jamais le temps à la tension de s’installer. Les scènes d’incubation, de fracasssage de crânes à coups de mandibules téléscopiques aliens se succèdent sans aucune surprise et les références empruntées aux 2 séries respectives sont déballées en copies-conformes. Une héroïne militaire qui finit par devenir leader du groupe et qui conduit un APC sous une pluie battante avec sa petite fille à ses côtés, ou encore des militaires en pure panique décimés par une horde d’Aliens, ça ne vous rappelle rien ? Sauf que James Cameron avait travaillé à l’inverse. Souvenez-vous d’Aliens Le Retour, de ce scénario tendu au possible. Cameron, grand cuisinier, nous avait fait mijoter un bon moment à petit feu pour amener le tout à température idéale avant de mettre la cocotte en ébulition. Pour poursuivre la comparaison cullinaire, les Strause ont fait dans le fast-food : on emballe vite fait la séquence et on passe à la suivante. Au milieu de tout ça, la confrontation entre les monstres ne rattrape rien. Elle en devient quelconque. On se surprend même parfois à en sourire tellement la monotonnie s’est installée. Même des scènes au demeurant censées créer un profond malaise, comme le Prédalien (en fait un Predator incubé par un Alien) qui s’infiltre au milieu des couveuses d’un hôpital pour finalement inoculer des embryons à une femme enceinte, finissent par laisser insensible. Quant à la fin, elle est à l’image du reste : expédiée en deux temps trois mouvements. Dans cette bérézina, seul le Predator conserve une classe à toute épreuve.

Ci-dessous (photo de prod.) : La grande confrontation n’apporte malheureusement aucun relief au film. Elle s’inscrit simplement dans une succession d’événements maladroitement amenés.

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S’il fallait dresser un bilan total de toutes les opérations confondues : Aliens, deux bon films dus à Ridley Scott (Le 8ème passager – 1979) et James Cameron (Le Retour – 1986). Predator, un excellent opus signé John Mc Tiernan (1987). Pour le reste, c’est tantôt mitigé, tantôt à classer au rang des séries B. Quant à Aliens vs Predator, on est encore loin d’une réalisation avec le panache qui est dû à pareil sujet. On ressort du visionage frustré, en se demandant comment il a été possible, une fois de plus, de râter pareille opportunité de signer un film de S.F inoubliable.

Ci-dessous : La bande annonce officielle d’Aliens vs Predator Requiem.

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